Salut à vous, à toi, to you,

 

 

 

Nous voici bientôt en 2006 et c'est le moment de se souhaiter plein de bonnes choses !!!

C'est désormais une petite tradition perso, cette année encore, comme les années précédentes, je vous souhaite .....

 

 

Ene boune anêye, ene boune sintêye, des efants ki schoûtèt bén, k' aprindèt bén e scole, on bea galant po vosse djonnete et ene bele comére po vosse djonnea, et po vozôtes, les vîs, des bons restorants po gasse tot åddilon d' l' anêye

 

                *Une bonne année, une bonne santé, des enfants qui écoutent bien, qui apprennent bien a l école, un gentil galant pour vos jeunes filles et

                 une belle comere pour vos jeunes gens, et pour vous, les vieux, de bon restaurants pour faire bonbance tout le long de l'année.

 

 

2005 passe la porte de derrière, zou, vlam, tagada. De bouche à oreille voire plus directement j'ai recu l'une ou l'autre nouvelle, généralement bonne, qui font bien plaisir à entendre, parfois mauvaise ou triste, celle-là on a toujours envie de ne pas les avoir entendues, oublions 2005...

 

 

So pour ceux et celles que je ne vois plus du tout, pour ceux et celles que je ne vois pas souvent, pour ceux et celles avec qui nous n'échangons que des propos de comptoirs sur les femmes, les voitures et le foot (non pas le foot quand même), pour ceux et celles qui savent déja tout dans les moindres détails, pour tous ces ceux et toutes ces celles, voici quelques nouvelles en attendant des vôtres :

 

 

Le boulot pour commencer est toujours en Hollande, 16 mois déjà, le temps passe si vite. Surprenant de découvrir le vrai visage des hollandais qui, en été, sur nos routes et dans nos villages, portent shorts et sandales, sont accompagnés d'une nombreuse marmaille blonde et braillarde, sont polis et respectueux du code de la route et mangent leur tartines à la terrasse des cafés après avoir commandé un verre d'eau ("du robinet"). Ici pourtant, ils sont tout comme nous autres chez nous, tout pareil !!!! Ils s'habillent jeans-chemise H&M, ils sont ronchons et ils passent les feux au rouge sans complexe ... et ... idem ils boivent de la bière, du vin et de l'alcool en quantité on va dire honorable. Par contre, ils fument des cigarettes qui sentent pas pareil .... ca doit être le papier, pas les mêmes marques je crois. Qui doit valoir une fortune si j'en juge le prix des cigarettes à 2,5 euros pièce et qu'on ne trouve que dans certains cafés sinistres !

 

Question tourisme, ca ne vaut pas l'Ecosse chaleureuse, on a vite fait le tour. L'endroit a pourtant quelques charmes aux yeux de ceux qui aiment les plages balayées par le vent froid qui sent les algues et l'iode, ceux qui se perdent volontiers dans de petites villes calmes et intimistes, ceux qui apprécient l'ordre et la netteté, ceux aussi qui se bercent au fil de l'eau ou au bruit du vent. Car ce pays est fait d'eau et de vent, oui, ca doit etre ca, d'eau et de vent. On dit qu'en Belgique il n'y a nulle endroit d'ou l'on ne puisse voir un clocher d'église, ici il n'y a nulle part ou l'on ne puisse voir une éolienne battre la mesure comme un métronome au bord d'un canal. Les moulins, les canaux, les ponts basculants jalonnent les routes bataves comme les croix, les chapelles, les potalles et les arbres remarquables jalonnent les nôtres.

 

Tout ca c'est bien beau, ces charmes sont indéniables mais il y a malgré tout un petit hic, le pays a quelque chose de bien à lui : il est vachement plat ! Le pays est plat, les gens sont plats, leur cardio est plat, les plats sont plats, les filles sont plates, tout est plat. Même les magnifiques champs de fleurs qui recouvrent la région au printemps finissent par écoeurer à la longue et à force de s'étendre et s'étendre. Les grecs pensaient que la terre finissait au bout de la mer par un grand précipice, ici, un nouveau né au printemps, quand il passe la tête hors de son landeau, doit se dire que la terre s'achève au bout des fleurs, tout au bout, là où les rangées de tulipes rejoignent les rangées de jonquilles et de glaieuls. Et que dire des odeurs de purin, de lisier et de fumier qui servent à engraisser toutes ces coquettes.

 

Les fleurs, c'est malgré tout cela que je garderai comme souvenir de la Hollande, je crois. En particulier ces fleurs en bouquets que l'on trouve au bord des routes de campagne dans de petites échopes. On se sert seul et on s'acquitte de son dû, trois fois rien, à travers une petite fente dans une boite; Trois échopes le long des 20 kms entre le bureau à Den Helder et l'appart de Schagen. Il y a aussi les fleurs sauvages dans les fossés et les talus, les mêmes que partout ailleurs, mais en Hollande, j'aurai appris à les apprécier alors qu'avant je passais devant sans les voir. Ces fleurs, quand il y en a, j'en ramène chaque semaine, elles égaient mes week-ends, elles égaient les week-ends de mes proches, elles ont un temps égaié les semaines de quelqu'un qui n'a vu la qu'un gage d'amitié.

 

Le boulot est assez différent d'avant. Les champs hollandais sont à gaz, les plateformes sont très petites, les moyens sont réduits et les habitudes de travail assez peu semblables aux nôtres. Sans vouloir faire dans le cliché, la réputation d'être pingre que les hollandais ont n'est pas usurpée du tout. La filiale a autrefois choisi de développer ses champs en réduisant les CAPEX (investissements de départ) au détriment des OPEX (dépense d'exploitation) et quand on est un peu fesse-mathieu au début, que l'on a investi un minimum, on se retrouve avec des frais récurrents plus conséquents. En guise de comparaison, une voiture peut bien être bon marché à l'achat, si l'on courre au garage aussi souvent que Mickael Schumaker avec sa Ferrari au stand et qu'elle consomme comme un Man 15 tonnes, on n'en a pas pour autant fait le choix idéal. Ces choix historiques génèrent beaucoup de travail et de problèmes et nous devons nous employer à les résoudre, souvent dans l'urgence, on dira qu'on est les pompiers de service sauf qu'ici en Hollande j'ai parfois l'impression qu'il n'y a que des pompiers. C'est assez fatigant mais bon je ne vous ennuye pas plus avec le boulot ...  

 

Mes progres en Néérlandais sont assez lents, quand je pense que je l'ai appris autrefois ... La pratique et la motivation sont les coupables de cette regrettable amnésie. Et si je sais maintenant utiliser les bases sans trop de difficultés et m'exprimer honnêtement, c'est souvent les réponses qui font problème. L'"accent" néérlandais ou plutôt les accents néérlandais ne sont pas totalement innocents là dedans non plus. C'est comme lorsque l'on arrive avec son bel anglais en Ecosse et que l'on se retrouve confronté à un chauffeur de taxi de base, y a toujours un clash, on commence par se demander si il parle bien anglais, on repère quelques mots qui le confirme mais ca reste un sabyre incompréhensible. Ben ici, j'en suis encore là. Il faut aussi dire que dès qu'un hollandais détecte la moindre hésitation chez son interlocuteur, il passe à l'anglais directement et cela ne pousse hélas pas à la pratique. Cette langue est pourtant belle et harmonieuse (je plaisante là) et je regrette de ne pas mieux la pratiquer (là je ne plaisante pas).

 

 

Cette expatriation est aussi un grand avantage pour la famille, enfin les enfants et moi quoi. Den Helder est à 360 kms de Huy et je les vois tous les weekends ou presque. Comme expatriation, il y a pire. Je ne l'ai pas sollicitée mais elle est arrivée providentiellement dans ma vie, aujourd'hui, j'exerce mes droits de visite d'une facon totalement normale, comme un père ordinaire et avec quel plaisir !

 

Robin est entré en première primaire, les choses deviennent sérieuses, il apprend à lire avec autant d'application que son frère deux ans plus tôt. Il a une avidité pour dechiffrer tout ce qui lui passe sous les yeux que je n'ai jamais observée chez Valéry. Robin voit toujours la vie du bon côté, toujours de bonne humeur, il est assez espiègle, il aime faire des petites blagues mine de rien, il taquine volontiers son frère qui est plus soupe au lait. Il est curieux de tout, rêveur aussi. Sa passion : le feu, il reste des heures à le regarder, il me demande constamment "Dis papa quand est ce qu'on fera du feu !" Le pendant à la médaille c'est qu'il est assez incontrolable, toujours prêt à faire une bétise. Ce n'est jamais méchamment, souvent involontaire, juste pour comprendre, mais parfois les conséquences sont un peu catastrophiques. C'est une fameuse tête de mule, quand il a une idée en tête rien ne l'en écarte et cela génère parfois entre nous de fameux bras de fer qui se termine hélas de temps en temps dans LE COIN, par des pleurs.

 

Valéry est lui en 3ème année. Généreux, il a également beaucoup d'esprit et d'humour. Mais je me fais du mal de le voir toujours très sensible, il prend tout pour lui, je sens bien qu'il est parfois un peu mal dans sa peau, timide. Comment l'aider à vaincre sa timidité quand on n'a pas soi-même trouvé la recette ? On a beau faire des exercices de deshinibition, faire pipi sur les voiture du haut des ponts d'autoroute ou commettre d'autre petites subversions carabinées quand l'occasion se présente, ca reste bien ancré. L'arrivée de son Gameboy n'a pas non plus été un plus dans le domaine. Si avec moi les règles sont strictes, il est par contre en permanence scotché à son jeu quand il est chez Meera, j'ai cru comprendre qu'il le prenait même à l'école. Ca doit sans doute l'isoler un peu, mais c est vrai, force est de constater que les autres enfants dans la cour en ont aussi. En classe, il est dans les premiers et je me demande à quel point il ne souffre pas un petit peu du syndrôme du premier de classe qui voudrait fréquenter les habitués du dernier bancs, au fond près du radiateur, sans trop y arriver.

 

Tous les deux aiment la nature. Notre plus grand plaisir est de nous promener à pied ou en vélo, de manger une tartine assis au bord d'un chemin quand un rayon de soleil nous fait l'honneur. Ce qu'ils deviennent grands tout de même, tout va si vite, en relisant les voeux de l'an passé je me rends compte qu'en un an ils ont appris à rouler à vélo sans les petites roues stabilisatrices, qu'ils sont même devenus assez casse-cou et qu'en un an toujours ils ont appris à nager le dos et la brasse. Quand on pense que voilà déjà presque la moitié de leur vie d'enfant qui est pratiquement passée, ca va si vite.

 

Jusqu'à cet été, nous avons continué nos nombreuses activités, musées, attractions, événements et balades, j'aime faire des tas de choses avec eux et eux aussi je crois, quel plaisir de leur éveiller l'esprit et pour moi de découvrir toujours plus notre beau pays. Quand on vit dans un appartement de 60 m2, c'est assez difficile de rester enfermés, à moins de regarder la télé mais ca, c'est interdit !!! Fou ce qu'il y a de choses à voir à deux pas de chez soi, Il a fallu que je vive à l'étranger pour le découvrir. Pourtant depuis Septembre nous avons un peu ralenti, si les samedis restent consacrés à diverses activités, invariablement le marché, la piscine et les scouts, un nouveau paramètre de poids s'est rajouté à l'équation depuis cet été pour occuper les dimanches : une ferme.

 

 

Une ferme en carré du 17eme siècle, en pierre, perdue dans la campagne, un ruisseau au fond du "jardin", à Vyle-Tharoul au coeur du Condroz. Les enfants y ont découvert un lieu unique d'escapades et d'aventures à travers les bois et les prés. Je cherchais depuis longtemps un retour à la nature et à la vie simple et je crois que je ne pouvais pas mieux tomber. On y a passé nos vacances en bleu de travail les pieds dans les tranchées, ca fait du bien de se sentir encore capable de manier une truelle mais tout reste à faire, il faudra probablement 30 ans pour que tout soit terminé ! C'est une grande entreprise qui m'enthousiasme mais à la fois je ne sais pas très bien où ca va me mener tant la tâche est grande, la fosse septique a deux fois la taille d'une piscine privée alors question avancement j'ai pris le pli d'être un peu philosophe.

 

Pour ceux qui ont eu l'occasion d'y venir griller l'une ou l'autre côte d'agneau sur le barbecue peut être m'excuseront ils de les avoir recu sur un chantier à tranchées ouvertes et dans des étables encore chaudes des ses précédentes occupantes laitières, ... sans grand confort; J'espère ne pas les avoir dégouté à tout jamais. La maison et la cour devraient être terminés pour d'autres barbecues à l'été 2006, bon je rêve sans doute un peu, disons 2007.

 

 

J'ai également ralenti mes sorties. A 36 ans, quand je n'ai pas les enfants, je pourrais arpenter les trottoirs de boite de nuit en café, aller au cinéma, au théâtre et à l'opéra mais c'est difficile de sortir seul et je n'en ai plus trop le goût. Je n'ai pas renouvellé mon abonnement à l'opéra, j'ai drastiquement limité les sorties au théâtre, je fuis les cafés et les boites de nuit comme la peste. La terre se réchauffe et les glaces fondent aux pôles, toujours personne à qui réchauffer les orteils sous la couette. C., F., C., M., V., I. et C., trop tôt pour l'une, pour l'autre trop tard, oui mais non, celle là est trop fille, celle là pas assez, celle ci est trop bien, là y a pas de déclic, là y en a un mais c'est le mari qui est pas d'accord !!! ... bref les filles c'est trop compliqué, je ne dois pas être formatté comme il faut, expatriés, ca n'a pas que des avantages. Tiens un souhait pour 2006 le 31 décembre en levant la coupe de champagne. 

 

Tristoune pour terminer, bon, dans l'ensemble une bonne année tout de même que je ne voudrais échanger pour rien au monde avec d'autres. Ah si, peut être, avec Christian Karembeu ou Daniel Moder (le mari de Julia Roberts). Mais si ca tombe eux m'ont repéré et ils m'envie à mort !

Joyeux Noël et Bonne année à tous,

 

Michel

 

 PS : A suivre sur www.michelfalla.be (vers janvier 2006)